MOT DE LA PRÉSIDENTE

Tous les États du monde, sauf deux, ont ratifié la Convention Internationale des Droits de l’enfant, reconnaissant ainsi qu’elle fixe indiscutablement la loi universelle. Nous devons continuer à agir pour que la réalité suive le Droit. C’est pourquoi, l’Association d’Action Educative (AAE 06) organise le Festival International des Droits de l’Enfant, évènement unique à ce jour.

Les images qui nous viennent chaque jour du monde entier nous disent cruellement la détresse de millions d’enfants, affamés, blessés, martyrisés, écrasés de souffrance, exploités, sans famille et sans toit, livrés à la brutalité et à la violence des adultes, livrés aussi à la drogue ou à la pédophilie.

Face à ce scandale inexprimable, la résignation est interdite et l’impuissance est coupable.

Sur tous les continents, une force de révolte et d’indignation a déjà mis en mouvement des hommes et des femmes, engagés de tout leur cœur pour mettre fin à des crimes qui constituent la négation même de notre humanité. Quelques uns seront là avec nous témoignant de leurs actions, de leurs engagements, de leur détermination.

Dans nos pays développés, la situation de l’enfant a fait de tels progrès, que nous sommes parfois tentés de considérer comme résolue la question des droits de l’Enfant. De fait, dans notre société aussi, la situation de l’enfant reste fragile, parfois précaire. Elle subit le contrecoup des tensions de la vie moderne. Une vie qui ne sait pas toujours faire la part du temps de l’enfance. Aujourd’hui encore, les enfants sont les premières victimes de la précarité, économique bien sûr mais aussi, et ce n’est pas sans lien, familiale.

Le monde, en trente ans, a connu une croissance sans précédent dans son histoire. Le revenu moyen a triplé, l’espérance de vie a augmenté de dix ans, tandis que l’analphabétisme recule dans le monde et que les campagnes de vaccination contribuent à l’éradication de maladies jusque-là endémiques. L’enfant a été, naturellement, le premier bénéficiaire des victoires remportées contre la maladie et contre la malnutrition. Pourtant, la persistance voire la croissance de la grande pauvreté, la lenteur avec laquelle, les fruits du développement atteignent les populations les plus défavorisées, maintiennent dans la misère des centaines de millions d’enfants.

La mobilisation au service de l’enfance constitue l’un des plus sûrs moyens d’arracher les hommes au sous-développement.

La communauté internationale doit agir mais l’action de la société civile, travaillant sur le terrain, est elle aussi indispensable.

L’action humanitaire a démontré son efficacité. Elle soulage des souffrances et alerte l’opinion publique internationale.

Mais il faut aller plus loin. Réaffirmer que les violations massives du droit humanitaire sont des crimes contre l’humanité. Obtenir la ratification universelle de la Convention.

Il reste à parcourir un long chemin avant d’atteindre l’idéal fixé, d’un monde où l’enfant trouverait naturellement les moyens de son épanouissement, quels que soient le lieu de sa naissance, son sexe, sa race, sa religion, son origine sociale.

Le temps de l’enfance est court. Il ne se rattrape pas. Sachons agir avec le sentiment permanent de l’urgence !

Je vous remercie tous.

Marie-Agnès BINA
Présidente